Un risque mondial trop souvent sous-estimé sur les chantiers
Partout dans le monde, les chantiers de construction restent parmi les environnements de travail les plus exposés au risque foudre. En effet, les ouvriers y évoluent en extérieur, souvent à proximité de structures métalliques, de grues ou de passerelles provisoires — autant de points d’impact privilégiés lors d’un orage.
Ainsi, un incident récent survenu en France est venu rappeler cette réalité de manière brutale. Le 15 juillet 2026, la foudre a frappé une passerelle métallique sur un chantier logistique à Ensisheim, dans le Haut-Rhin. Deux ouvriers, âgés de 22 et 38 ans, se trouvaient sur cette structure au moment de l’impact.
Le plus âgé s’en est sorti indemne. Le plus jeune, en revanche, a été blessé et transporté à l’hôpital dans un état d’urgence relative. Cet événement illustre, à l’échelle internationale, la nécessité d’une véritable culture de la sécurité foudre sur les chantiers du BTP.
Ensisheim : que s’est-il passé sur ce chantier logistique ?
Selon la presse régionale, l’orage a éclaté en fin d’après-midi, peu après 17 heures. La foudre a touché une passerelle métallique en hauteur, un élément conducteur particulièrement exposé lors d’un phénomène orageux.
Les deux ouvriers présents sur cette passerelle ont été directement touchés par l’onde de choc électrique. Par conséquent, les secours sont intervenus rapidement : les sapeurs-pompiers d’Ensisheim ont pris en charge le blessé le plus grave, conduit à l’hôpital Pasteur de Colmar.
Cet accident n’est malheureusement pas un cas isolé. De nombreux chantiers, notamment les grands sites logistiques comportant des structures métalliques élevées, des grues et des échafaudages, présentent un profil de risque comparable partout en Europe et à l’international.
Qu’est-ce que le risque foudre sur un chantier de construction ?
Le risque foudre sur un chantier est la probabilité qu’un ou plusieurs travailleurs soient blessés par un foudroiement direct, indirect ou par tension de pas, du fait de leur exposition en extérieur à proximité d’éléments conducteurs. Concrètement, ce risque augmente fortement en présence de structures métalliques provisoires, de grues à tour ou de zones dégagées sans protection.
Plusieurs facteurs aggravent ce risque sur un chantier :
- Absence fréquente de dispositif de captage (paratonnerre) sur les structures en cours de montage
- Présence de grues, échafaudages et passerelles métalliques en hauteur
- Difficulté à évacuer rapidement un grand nombre de travailleurs en cas d’alerte tardive
- Manque de systèmes de détection et d’alerte orage en temps réel sur de nombreux sites
De ce fait, la prévention repose autant sur l’anticipation météorologique que sur la protection physique des structures.
Foudre et Code du travail : quelles obligations pour les entreprises du BTP ?
Dans les pays appliquant la norme internationale IEC 62305, l’évaluation du risque foudre constitue la première étape obligatoire avant toute décision de protection. Cette analyse du risque foudre (ARF), définie par l’IEC 62305-2, permet de déterminer si une structure — y compris une installation temporaire de chantier — nécessite une protection contre la foudre.
En France notamment, l’employeur est tenu, au titre du Code du travail, d’évaluer l’ensemble des risques professionnels, y compris les risques climatiques, et de consigner cette évaluation dans le document unique d’évaluation des risques (DUERP). Néanmoins, cette obligation générale gagne à être complétée par une analyse du risque foudre spécifique dès lors que le chantier comporte des structures élevées ou des zones dégagées.
Concrètement, plusieurs mesures organisationnelles s’imposent :
- Surveillance météorologique continue pendant les périodes à risque orageux
- Procédure d’arrêt de chantier et de mise à l’abri dès la détection d’un risque orageux
- Interdiction de travailler en hauteur ou sur des structures métalliques exposées pendant un orage
- Formation des équipes aux consignes de sécurité spécifiques au risque foudre
Pour structurer cette démarche, l’évaluation du risque foudre selon la méthode IEC 62305-2 reste l’outil de référence, y compris pour des installations temporaires de chantier.
Combien d’accidents du travail liés à la foudre chaque année ?
À l’échelle du secteur BTP, les statistiques disponibles montrent l’ampleur du défi sécurité. En 2023, le secteur du BTP a enregistré près de 77 000 accidents du travail en France, dont 149 accidents mortels (Apave, 2024). Si les chutes de hauteur demeurent la première cause d’accident, le risque climatique — dont la foudre — reste une cause aggravante trop souvent négligée dans les plans de prévention.
Par ailleurs, les organismes de prévention du BTP recommandent explicitement l’installation de systèmes de détection d’orage conformes à la norme IEC 62793 sur les chantiers à risque, notamment ceux utilisant des explosifs ou comportant du personnel nombreux en extérieur (OPPBTP, 2024). Ainsi, un préavis de 20 à 30 minutes avant l’arrivée d’un orage permet, dans la majorité des cas, d’évacuer les zones exposées en toute sécurité.
PDA, alertes en temps réel et protections temporaires sur chantier
Pour les structures définitives, le paratonnerre à dispositif d’amorçage (PDA) demeure une solution de captage largement répandue, notamment dans les pays reconnaissant la norme NF C 17-102. Toutefois, sur un chantier en cours de construction, la difficulté principale reste l’absence temporaire de protection tant que le bâtiment n’est pas achevé.
C’est pourquoi la combinaison de plusieurs dispositifs est recommandée :
- Paratonnerres PDA installés dès que possible sur les structures définitives ou les zones critiques du chantier
- Parafoudres pour protéger les armoires électriques, engins connectés et équipements sensibles du chantier
- Systèmes de détection et d’alerte orage en temps réel, permettant l’évacuation préventive des équipes
- Consignes d’abri strictes : éviter les structures métalliques en hauteur, les passerelles et les zones dégagées
En complément, un système comme Sky Sentinel, dédié aux alertes orage en temps réel, permet de déclencher automatiquement une procédure d’évacuation dès la détection d’une activité électrique proche du site. Autrement dit, l’enjeu n’est plus seulement de protéger les structures, mais bien d’alerter les équipes avant même que l’orage n’atteigne le chantier.
LPS Manager : documenter et suivre le risque foudre sur chantier
Une fois l’analyse du risque foudre réalisée et les mesures de protection définies, encore faut-il en assurer le suivi dans la durée. LPS Manager permet précisément de centraliser ce suivi : dossiers d’installation, résultats de l’analyse du risque foudre, inventaire des dispositifs PDA ou parafoudres installés, et planification des inspections périodiques.
Il convient de rappeler une distinction essentielle, souvent source de confusion :
- Ng — la densité de foudroiement au sol, paramètre normatif utilisé dans les calculs FD C 17-108 et IEC 62305 pour déterminer le niveau de protection requis
- Nsg — la densité de coups au sol mesurée par des réseaux de détection dédiés comme Strike Radar, utile pour affiner l’analyse historique d’un site donné
LPS Manager ne fournit pas directement la donnée Nsg ; en revanche, il gère le dossier numérique du site, permet de documenter les rapports kérauniques et les certificats de foudroiement associés à chaque site protégé, en complément des données fournies par des outils comme Strike Radar, et permet de documenter l’ensemble des mesures prises pour protéger un chantier. Ainsi, en cas de contrôle ou d’accident, l’ensemble de la démarche de prévention reste traçable et vérifiable.
En résumé
L’accident survenu sur le chantier logistique d’Ensisheim rappelle une réalité valable partout dans le monde : les chantiers de construction restent des environnements particulièrement exposés au risque foudre, notamment du fait des structures métalliques provisoires et des passerelles en hauteur. Une analyse du risque foudre conforme à l’IEC 62305-2, combinée à des dispositifs de protection adaptés — PDA, parafoudres — et à des systèmes d’alerte en temps réel comme Sky Sentinel, permet de réduire significativement ce risque.
Par ailleurs, la vigilance organisationnelle reste indispensable : surveillance météorologique, procédures d’arrêt de chantier et formation des équipes complètent utilement les dispositifs techniques. Enfin, des outils comme LPS Manager permettent de documenter et de suivre dans la durée l’ensemble de cette démarche de prévention, pour des chantiers plus sûrs en France comme à l’international.