En tant qu’installateur de paratonnerre, quand on termine une installation de protection foudre, on a souvent l’impression que « tout est posé ». Pourtant, le vrai point de bascule, c’est le procès-verbal réception LPS. Sans lui, la conformité se discute, les garanties se brouillent, et la maintenance démarre sur du flou.

Sur le terrain, un bon PV joue le rôle d’une photo de famille, il fige l’état réel du système le jour J. Il sert autant à l’installateur qu’au maître d’ouvrage, au bureau de contrôle, et à l’équipe maintenance. On va poser un modèle simple, puis lister les pièces à joindre et les photos à conserver, avec des règles concrètes d’archivage.

À quoi sert un PV de réception LPS, et ce qu’il doit contenir

Illustration technique professionnelle en paysage d'un PV de réception pour installation LPS conforme NF C 15-100 et NF EN 62305, avec tableau de contrôles, pièces jointes listées, photos légendées et signatures.
Exemple visuel d’un PV de réception LPS structuré, avec contrôles, annexes, photos et signatures, créé avec AI.

Un procès-verbal de réception n’est pas « juste du papier ». Il date la fin des travaux et cadre l’acceptation, avec ou sans réserves. En France, la réception n’est pas imposée par un texte unique dans tous les cas, mais elle reste la clé pour activer et sécuriser les garanties (parfaite achèvement, biennale, décennale selon le contexte du marché), notamment la responsabilité du maître d’ouvrage dans l’acceptation de l’installation de paratonnerre. Sans écrit, la réception peut devenir tacite si on prend l’ouvrage et qu’on paie sans contestation, ce qui ouvre la porte aux malentendus.

Pour un LPS, on doit aussi éviter une confusion fréquente. Le procès-verbal de réception n’est pas le rapport de vérification périodique, ni un simple relevé de mesures. On l’écrit comme une synthèse, qui renvoie vers des annexes techniques (plans, mesures, notices, DOE) et valide les résultats de l’analyse de risque foudre conduite lors de la phase d’étude. C’est là qu’on s’appuie sur les exigences de la norme NF EN 62305 (LPS externe et interne) et sur le cadre électrique, dont la NF C 15-100 pour tout ce qui touche aux parafoudres, aux tableaux, et aux liaisons équipotentielles.

Voici un modèle de structure qui fonctionne bien en installation et en inspection, et qu’on peut reprendre dans nos dossiers (on le décline ensuite dans notre wiki et nos fiches projet sur lpsfr.com) :

  1. En-tête : projet, site, adresse, date, intervenants, références (marché, plans), référentiels visés (ex. norme NF EN 62305, NF C 15-100).
  2. Périmètre réceptionné : type de LPS, zones protégées, limites (bâtiment A, ombrières, antennes, réseaux).
  3. Contrôles réalisés : continuités, liaisons équipotentielles, prises de terre, repérages, parafoudres (SPD) posés, essais et mesures.
  4. Résultat : conforme, ou conforme avec réserves, ou refus de réception motivé.
  5. Réserves : libellé clair, localisation, exigence associée, délai, responsable, besoin de re-mesure.
  6. Signatures : installateur, MOA ou MOE, bureau de contrôle si présent, plus date et lieu.

Point de vigilance : la signature du procès-verbal de réception, en tant que vérification initiale pour assurer la conformité réglementaire, sans annexes exploitables devient fragile en cas de sinistre. On signe, mais on signe avec preuves.

Pièces à joindre au procès-verbal : le dossier qui fait foi

On gagne du temps quand on pense « dossier technique » plutôt que « pièces administratives à joindre ». Le PV doit rester lisible, donc on met le détail en annexe, et on référence chaque annexe par un code (A1, A2…). C’est aussi ce qui permet, des années après, de comprendre pourquoi un choix a été fait, ou pourquoi une réserve a été posée.

Le contenu exact varie selon le site, mais on retrouve presque toujours le même socle pour la protection foudre, que ce soit une cage maillée ou une installation de paratonnerre équipée d’un paratonnerre à dispositif d’amorçage. Côté électricité et parafoudres, on s’aligne avec les règles d’installation applicables. Pour se remettre d’accord sur le cadre, on peut relire un mémo sérieux sur la norme, par exemple ce guide normatif NF C 15-100 (édition 2025) ou un rappel pratique sur les points clés de la NF C 15-100. Pour les SPD, une synthèse utile existe aussi sur les obligations et choix de parafoudres.

On peut organiser les annexes du dossier technique comme ci-dessous, ce qui facilite les audits et la maintenance multi-sites :

Annexe à joindreÀ quoi ça sertExemples concrets
Plans et « as-built »Prouver l’existant, préparer la maintenancePlan toiture captage, cheminements descentes, plan de terre, repérage barrettes
Schémas électriquesComprendre la protection interneSchéma unifilaire TGBT, implantation parafoudre SPD, liaisons équipotentielles
Rapports de mesure de résistanceObjectiver la conformitéMesures de continuité électrique, mesures de prise de terre (méthode et conditions), valeurs relevées
Fiches techniques et certificats de conformitéJustifier le matérielNotices parafoudre SPD, certificat de conformité fabricant si fourni, références posées, couples de serrage si requis
DOE et procéduresTransférer l’exploitationConsignes de contrôle, périodicités, points d’accès, consignes sécurité

Le bon réflexe, c’est d’ajouter une annexe « check fin de chantier » avant la réception de la protection foudre. Même si elle vise l’électricité, une fiche d’auto-contrôle NF C 15-100 donne une logique utile, qu’on adapte au LPS (accès, repérage, continuités, SPD, mise à la terre).

Photos à archiver : cadrage, nomenclature, durée de conservation

Illustration minimaliste vectorielle en paysage listant les pièces jointes obligatoires (Plans as-built, Schémas, Rapports mesures, Certificats, Notices, DOE) avec cases à cocher et vignettes photos (paratonnerre, descente, terre, SPD, liaisons, barrette) pour un PV de réception LPS, incluant en-tête, tampons Archivés et signatures.
Checklist visuelle des annexes et photos attendues pour une réception LPS, créée avec AI.

Les photos à archiver, c’est comme une mesure, si elles ne sont pas contextualisées, elles ne valent pas grand-chose. On archive donc des images « utiles en litige » et « utiles en maintenance foudre ». L’objectif n’est pas d’avoir 200 photos, mais 20 à 40 photos propres, cadrées, et retrouvables.

On recommande d’archiver au minimum les vues suivantes pour un contrôle visuel, avec une vue large puis une vue rapprochée :

Photo à prendreDétail à faire apparaîtrePourquoi on la garde
Éléments de captage en toiture (pointe, câble, fixations)Repère de zone de protection, fixation, étatProuver l’implantation et l’accessibilité
Conducteurs de descenteCheminement, protection mécanique, fixationsFaciliter les inspections, prouver la continuité physique
Barrette(s) de coupurePosition, repérage, accessibilitéPréparer les mesures futures, éviter les « introuvables »
Regard(s) de terreConnexion, propreté, fermetureProuver l’état au jour de réception
Liaisons équipotentiellesPoint de liaison, section apparente, repérageÉviter les contestations sur la mise à la terre des masses
SPD au tableau (TGBT ou sous-tableau)Référence, câblage, protection amontDocumenter la protection interne, préparer le remplacement

Pour que l’archivage serve vraiment, on se fixe une règle de nommage simple :

Côté durée, on aligne la conservation sur la vie du site et sur les responsabilités associées aux travaux. En pratique, on garde PV, annexes et photos sur le long terme (utile pour la maintenance foudre), avec sauvegarde redondante. Sur lpsfr.com et dans nos pratiques avec LPS Manager, on privilégie un archivage par équipement (paratonnerre, descente, terre, SPD), car la recherche devient immédiate lors d’un audit.

Astuce terrain pour la protection foudre : la photo la plus rentable, c’est la barrette de coupure avec son repère lisible. Elle évite une demi-journée de recherche.

Conclusion

Un procès-verbal réception LPS solide, c’est un dossier lisible, signé, et prouvable. On y met une synthèse claire, on joint les documents qui font foi, puis on archive des photos ciblées et retrouvables. Ce document établit la périodicité des vérifications pour une sécurité future optimale. Si on prend une heure de plus le jour de la réception, on en économise dix lors d’un rapport de vérification, d’une extension, ou après un impact sur la protection foudre. La prochaine fois qu’on clôt un chantier d’installation de paratonnerre, on se pose une seule question : est-ce qu’une équipe qui ne connaît pas le site pourra comprendre et vérifier l’installation dans 5 ans ?

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