Données foudre : détection, prévision et alerte selon vos usages

Strike Radar — 24 impacts détectés autour du site d'Angkor Vat, 4 juin 2026

Peut-on se servir des éclairs pour mieux prévoir les pluies orageuses ? Une étude mise en ligne le 5 octobre 2026 dans la revue Advances in Space Research explore cette piste dans le Nord-Est de l’Inde. Cependant, elle rappelle surtout qu’une donnée foudre ne sert pas toujours le même objectif.

En effet, observer un impact, prévoir l’évolution d’un orage et alerter une équipe sont trois fonctions distinctes. Les confondre conduit à attendre d’un outil une capacité qu’il ne possède pas, ou à traiter une information passée comme une prévision.

Ainsi, cet article clarifie d’abord ces trois notions. Ensuite, il présente les trois solutions lancées récemment sur LPS Platform selon l’usage auquel chacune répond : documenter les impacts autour d’un site avec Strike Radar, surveiller un site et alerter ses équipes avec Sky Sentinel, suivre individuellement les conditions atmosphériques avec AtmoGuard.

Détection, prévision et alerte : quelles différences ?

La détection est l’identification d’un phénomène déjà observé par un système de mesure. La prévision est une estimation de l’état futur de l’atmosphère ; l’alerte, enfin, est une information destinée à déclencher une décision humaine selon une procédure définie.

Par conséquent, une détection renseigne sur ce qui vient de se produire, une prévision décrit un futur possible et une alerte organise une réponse. Ces fonctions se complètent, mais aucune ne remplace les deux autres.

Pour évaluer un service de données foudre, poser quatre questions :

  1. Quels événements sont observés, dans quel périmètre et avec quelles limites ?
  2. Le service décrit-il le passé, la situation en cours ou un futur estimé ?
  3. Qui reçoit l’information, et quelle action est attendue de lui ?
  4. Où sont conservées les traces des décisions effectivement prises ?

Par exemple, l’absence d’impact sur une carte ne garantit pas l’absence de danger. De même, un document décrivant l’activité foudre passée ne constitue pas une prévision.

Ce que montre une étude récente sur les éclairs et la prévision

L’étude « Evaluating the usefulness of assimilating the lightning-driven pseudo-humidity observations in simulating heavy rainfall over northeast India » porte sur une journée de pré-mousson de 2024 (Advances in Space Research, DOI). L’assimilation de données est une méthode qui combine des observations avec l’état d’un modèle météorologique pour améliorer sa description initiale de l’atmosphère.

Selon le résumé, la chaîne de calcul associe :

  • les éclairs relevés par l’Indian Lightning Location Network, exploité par l’IITM de Pune ;
  • la hauteur du sommet des nuages, déterminée à partir du satellite INSAT-3DR ;
  • des pseudo-observations d’humidité construites à partir de ces informations ;
  • le système d’assimilation 3DVAR du modèle Weather Research and Forecasting (WRF).

Les auteurs observent une meilleure représentation des cellules de pluie convective et des précipitations prévues. Toutefois, ces améliorations apparaissent surtout pendant les premières heures de prévision, dans un cas unique.

Ainsi, aucun gain chiffré ni aucune performance universelle ne peut en être déduit. Par ailleurs, aucune des solutions présentées ci-dessous n’utilise ce modèle de prévision.

Documenter les impacts autour d’un site : Strike Radar

Strike Radar répond à un usage d’analyse a posteriori : vérifier si des impacts de foudre ont été relevés autour d’un site à une date donnée, puis en tirer des documents. Il ne détecte ni n’enregistre la foudre lui-même ; il exploite des données issues d’un système de localisation de la foudre, et LPS France n’exploite pas de réseau de détection.

Concrètement, l’utilisateur place une sonde 100 % virtuelle, définie par une position GPS et un rayon de 100 km, sans capteur ni matériel à installer. L’archivage commence à la mise en place de la sonde, sans rétroactivité ; mieux vaut donc la créer au plus tôt.

Strike Radar permet notamment d’obtenir :

  • une carte des impacts autour du site, avec l’heure, l’intensité et la distance de chaque impact ;
  • des rapports kérauniques, qui décrivent l’activité foudre d’une zone sur une période ;
  • des certificats de foudroiement, utiles notamment aux experts et aux assureurs après un sinistre ;
  • un certificat Nsg, établi sur une statistique de 10 ans et disponible partout dans le monde.

De plus, une alerte par email informe l’utilisateur : tout impact nuage-sol relevé dans la zone qu’il a choisie autour du site déclenche un message. Cette information reste néanmoins un constat après coup, et non une alerte orage destinée à mettre des personnes à l’abri.

Pour un exemple d’usage, lisez notre analyse des impacts de foudre en Ligurie.

Surveiller un site et alerter ses équipes : Sky Sentinel

Sky Sentinel répond à un autre usage : surveiller un site et prévenir les personnes placées sous la responsabilité de son exploitant. Le service assure une surveillance continue dans un rayon de 50 km, mise à jour toutes les 60 secondes, autour d’un point de surveillance 100 % virtuel défini par une position GPS.

Ensuite, les alertes sont transmises aux destinataires définis par le site. Sky Sentinel est un service d’aide à la décision conforme à l’IEC 62793, la norme consacrée aux systèmes d’avertissement d’orage : il ne déclenche aucune action automatique et n’apporte aucune protection physique.

Pour un responsable HSE, le service s’articule autour de :

  • une interface Admin pour superviser les sites et suivre la menace ;
  • des alertes graduées (jaune, orange, rouge) pour organiser la mise à l’abri ;
  • l’option Companion, qui transmet les alertes sur smartphone avec des confirmations horodatées ;
  • un rapport d’intervention qui garde une trace horodatée des alertes et des mesures prises.

Cependant, la décision de suspendre une activité, puis de la reprendre, reste celle des responsables du site. Sky Sentinel n’est pas un dispositif de protection relevant de la NF C 17-102 et de l’IEC 62305. Il s’agit d’un service de surveillance et d’alerte foudre conforme à l’IEC 62793.

Suivre les conditions atmosphériques au quotidien : AtmoGuard

AtmoGuard s’adresse à chacun, à titre individuel. Cette application gratuite, sans abonnement et sans collecte de données, suit les conditions atmosphériques autour de la position de l’utilisateur, sur iOS et Android.

Elle regroupe 9 paramètres atmosphériques sur un seul écran :

  • l’activité foudre à proximité ;
  • l’indice UV ;
  • l’indice global de qualité de l’air ;
  • les particules fines PM2.5 et PM10 ;
  • le monoxyde de carbone, le dioxyde d’azote, l’ozone et le dioxyde de soufre.

Ainsi, un randonneur, un sportif ou un technicien isolé dispose d’un repère personnel avant et pendant une sortie. En revanche, AtmoGuard n’est pas conçu pour organiser l’alerte d’une équipe sur un site : cet usage relève de Sky Sentinel.

Pour un cas d’usage terrain, consultez notre article AtmoGuard : protéger les équipes sur le terrain contre la foudre.

Et LPS Manager dans tout cela ?

LPS Manager n’est ni un outil de détection ni un service d’alerte météo. Il s’agit de l’application de supervision des produits connectés LPS France : paratonnerres Paraton@ir, compteurs d’impacts Compt@ir et Alert@ir XT.

Concrètement, LPS Manager centralise pour chaque installation :

  • l’état des dispositifs connectés ;
  • les défauts signalés ;
  • les impacts enregistrés par les compteurs ;
  • un historique horodaté et le suivi de garantie.

Par ailleurs, Strike Radar peut suivre les impacts relevés autour des projets déclarés dans LPS Manager. Sur le terrain, les paratonnerres Paraton@ir sont des paratonnerres à dispositif d’amorçage (PDA), dimensionnés selon la NF C 17-102:2011 et une étude du site.

Le système Contact@ir permet, quant à lui, de tester et de superviser à distance ces paratonnerres, par radio vers une passerelle Rout@ir ou en réseau cellulaire avec le Contact@ir MD. En outre, rappelons que la série IEC 62305:2024 traite de la protection contre la foudre, et non de la prévision ni de l’alerte.

Pour une comparaison détaillée des trois solutions, consultez notre article Strike Radar, Sky Sentinel, AtmoGuard : quel outil de monitoring foudre pour votre site ?. Retrouvez également l’ensemble de l’écosystème sur LPS Platform.

En résumé, détection, prévision et alerte sont trois fonctions distinctes, que l’étude indienne illustre sans les fusionner. Strike Radar documente a posteriori les impacts relevés autour d’un site, Sky Sentinel surveille un site et alerte ses équipes, tandis qu’AtmoGuard accompagne chacun au quotidien. De son côté, LPS Manager supervise les protections connectées installées. Ainsi, choisissez l’outil selon l’usage visé, et gardez la décision humaine au centre de votre procédure foudre.