Un parafoudre, c’est un peu l’airbag de l’installation électrique. La plupart du temps, on n’en a pas besoin. Le jour où les surtensions transitoires arrivent, on est content qu’il soit là.
Pourtant, le choix parafoudre reste une source d’erreurs, surtout quand on hésite entre Type 1, Type 2 et Type 3. On voit encore des tableaux protégés « sur le papier », mais mal coordonnés, ou câblés trop longs, donc moins efficaces.
Dans ce guide, on clarifie le rôle de chaque type, on relie ça aux cas usuels (habitation, petit tertiaire), puis on passe aux critères de dimensionnement et aux points de pose qui changent tout.
Type 1, Type 2, Type 3 : comprendre qui protège quoi (et où)

Les parafoudres basse tension sont classés en types, selon les essais et l’usage (IEC 61643-11). En simple, on peut retenir une logique de « barrières » successives, du plus robuste au plus fin.
- Type 1 : il encaisse une partie de l’énergie associée à un coup de foudre, surtout quand le risque d’impact direct ou de courant de foudre entrant est réel (par exemple présence d’un LPS, arrivée aérienne, bâtiments exposés). Testé avec une onde 10/350 µs, son paramètre clé est le courant impulsionnel (Iimp).
- Type 2 : c’est le parafoudre « du tableau ». Il traite les surtensions induites, plus fréquentes, mais moins énergétiques. Testé avec une onde 8/20 µs, on regarde surtout le courant nominal de décharge (In) et le courant maximal de décharge (Imax), ainsi que le niveau de protection (Up).
- Type 3 : c’est la finition, au plus près des équipements sensibles. On l’utilise quand on veut abaisser encore la surtension résiduelle (informatique, TV, automatismes, box, etc.). Son intérêt dépend beaucoup de la longueur de câbles et de la sensibilité des appareils.
Pour fixer les idées, voici un mémo rapide :
| Type de parafoudre | Emplacement habituel | Paramètre qu’on lit en premier | Usage typique |
|---|---|---|---|
| Type 1 | En tête d’installation | courant impulsionnel (Iimp) | Sites exposés, LPS, arrivée « dure » |
| Type 2 | Tableau principal ou divisionnaire | courant nominal de décharge (In), courant maximal de décharge (Imax), niveau de protection (Up) | Protection standard du bâtiment |
| Type 3 | Près des appareils | niveau de protection (Up) | Protection fine des équipements |
Pour une explication structurée par types et classes d’essai, on peut s’appuyer sur la page « repères » de fabricants, par exemple comment choisir son parafoudre (types 1, 2, 3).
Un bon réflexe : on choisit d’abord l’emplacement et le scénario de surtension, puis on sélectionne le type, pas l’inverse.
Partir du risque réel et des exigences NF C 15-100 (France, Belgique, Suisse)

Dans la vraie vie, la protection contre la foudre commence par une évaluation réaliste du risque ; on n’équipe pas une maison isolée comme un petit tertiaire plein d’électronique. On ne protège pas non plus un site avec paratonnerre comme un pavillon en zone peu orageuse. Donc, avant de choisir une référence, on doit qualifier le contexte en partant du risque réel, notamment via le niveau kéraunique, la densité de foudroiement et, pour la France, la zone AQ2.
Les questions simples qui orientent vite le bon choix
On gagne du temps avec trois questions :
Le site a-t-il un paratonnerre, un système de protection foudre externe (LPS) ou des contraintes équivalentes ? Si oui, un dispositif de protection type 1 en tête devient souvent logique, voire obligatoire en présence d’un paratonnerre, car le courant de foudre peut « rentrer » par les réseaux.
Le réseau d’alimentation est-il aérien, long, ou situé dans une zone exposée ? Plus l’environnement favorise les surtensions, plus un Type 2 bien dimensionné devient indispensable. En Suisse, les informations de prévention rappellent la fréquence des impacts et les effets indirects, voir données et mesures sur la foudre (PLANAT).
A-t-on des équipements sensibles ou coûteux ? Une chaudière, une VMC, un portail, une baie réseau, un home-cinéma, ça change la logique. Dans ce cas, un Type 3 près des charges a du sens, surtout si les longueurs de câbles sont importantes.
Et côté norme, qu’est-ce qu’on regarde vraiment ?
En France, la norme NF C 15-100 encadre les cas d’installation électrique et les règles de mise en œuvre de l’installation électrique. Pour rester alignés avec l’esprit de la norme NF C 15-100, on s’appuie sur des documents de synthèse, comme le guide pratique NF C 15-100 (PDF), et sur des ressources pédagogiques, comme quand faut-il installer un parafoudre ?.
En Belgique et en Suisse romande, les cadres normatifs diffèrent, mais la méthode reste la même : identifier l’exposition, choisir une protection cohérente, puis soigner la mise à la terre. Sur nos chantiers, c’est souvent ce dernier point qui fait la différence entre « installé » et « efficace ».
Dimensionner et poser sans perdre l’efficacité : Up, Uc, câblage, coordination

Une fois le type choisi, le dimensionnement d’un parafoudre ou d’un dispositif de protection se joue sur quelques valeurs, faciles à lire sur une fiche technique, mais faciles à mal interpréter.
Les paramètres à lire (et comment les relier au terrain)
- Tension maximale de service (Uc) : on l’adapte au réseau (230 V mono, 400 V tri, schéma TT, TN, etc.). Un mauvais Uc, et le parafoudre vieillit trop vite.
- Up (niveau de protection) : plus il est bas, plus on limite la surtension résiduelle. C’est un chiffre clé quand on protège de l’électronique.
- Iimp (Type 1), In/Imax (Type 2) : ce sont des capacités d’écoulement, à mettre en face du scénario d’exposition.
- Mode de protection : selon le schéma de liaison à la terre et la distinction entre mode commun (entre phase/neutre et terre) et mode différentiel (entre phase et neutre), on ne câble pas pareil (L N, N PE, etc.). Les détails de raccordement et les règles de conception en basse tension sont bien résumés dans raccordement des parafoudres (guide Schneider).
La règle qu’on oublie trop souvent : la longueur de liaison
Un parafoudre peut être excellent, mais devenir moyen si les fils font « antenne ». Chaque centimètre ajoute de l’inductance, donc de la surtension. La prise de terre doit être de qualité pour évacuer efficacement le courant de foudre ; sinon, même une bonne prise de terre proche ne suffit pas si les liaisons sont longues. On vise des liaisons courtes et directes vers la prise de terre, et une terre de qualité, sinon le Up « réel » grimpe.
Sur le terrain, on s’aide de repères simples, dont la distance de raccordement recommandée (souvent donnée à moins de 50 cm) et l’ordre de câblage au tableau électrique. Pour un rappel clair, voir comment installer un parafoudre au tableau électrique.
Notre méthode de coordination en cascade (sans usine à gaz)
On évite les montages compliqués, mais on reste rigoureux pour ce dispositif de protection :
- On place le parafoudre Type 2 au TGBT (c’est la base la plus fréquente).
- On ajoute un parafoudre Type 1 en tête si le site est exposé (LPS, arrivée à risque).
- On complète par des parafoudres Type 3 au plus près des charges sensibles, surtout si les circuits sont longs.
- On vérifie l’appareil de déconnexion associé (disjoncteur ou fusible), selon la notice fabricant.
- On pense aussi aux réseaux cuivre (télécom, RJ45), car une surtension peut entrer par là, et ce dispositif de protection doit couvrir l’ensemble.
Pour aller plus vite en étude et en contrôle, on s’appuie sur la base de connaissance, le wiki et le blog de lpsfr.com, puis on centralise nos choix et vérifications dans LPS Manager (suivi multi-sites, scoring, audits, alertes météo).
Conclusion
Un bon parafoudre, ce n’est pas juste « Type 1, 2 ou 3 ». C’est un dispositif de protection coordonnée contre la foudre, adaptée au risque de l’installation électrique, et posée avec des liaisons courtes et une terre soignée. Si on hésite, on repart du site (exposition, arrivée réseau, équipements sensibles), puis on valide les paramètres Uc, Up et les capacités d’écoulement, pour assurer la sécurité de ces équipements sensibles. La protection contre la foudre est une stratégie globale pour l’installation électrique. Pour compléter avec des démonstrations et retours terrain, on peut aussi suivre la chaîne YouTube LPS.